La mode se présente souvent comme en pleine transition écologique, notamment grâce au polyester recyclé, devenu l’un des arguments marketing les plus utilisés par les grandes marques. Pourtant, une analyse approfondie révèle que cette fibre, censée être plus durable, pourrait en réalité aggraver la pollution aux microplastiques. Une étude récente menée pour la Changing Markets Foundation montre que le polyester recyclé libère davantage de particules polluantes que le polyester vierge, remettant en cause l’image « verte » que l’industrie cherche à promouvoir.
Les tests ont été réalisés sur 51 vêtements provenant de marques mondialement connues comme Adidas, H&M, Nike, Zara et Shein. Lors des lavages, les vêtements en polyester recyclé ont émis en moyenne 55 % de microfibres en plus que ceux en polyester classique. Les particules libérées sont également plus fines, donc plus susceptibles de se disperser dans l’environnement, de pénétrer les écosystèmes et d’atteindre les organismes vivants. Un seul cycle de lavage peut ainsi relâcher jusqu’à 900 000 fibres, qui se retrouvent ensuite dans l’eau, l’air, les sols et même dans le corps humain.
L’étude souligne aussi un paradoxe majeur : la quasi‑totalité du polyester recyclé utilisé aujourd’hui provient de bouteilles en plastique, et non de textiles. Ce procédé détourne les bouteilles du circuit de recyclage fermé (bouteille → bouteille) pour les transformer en vêtements qui, eux, ne pourront plus être recyclés. Résultat : une solution présentée comme circulaire contribue en réalité à augmenter la production de déchets textiles et à amplifier la pollution plastique.
Cette stratégie de « verdissement » permet aux marques de communiquer sur leur engagement environnemental tout en continuant à produire massivement des vêtements synthétiques. Mais selon les experts, la seule manière réellement efficace de réduire l’impact environnemental de la mode reste de diminuer la surproduction et la surconsommation. Tant que l’industrie continuera à inonder le marché de vêtements jetables, même les fibres dites « durables » ne pourront compenser les dégâts causés par un modèle fondé sur le volume.
Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le rapport complet de la fondation Changing Markets






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