Les espaces verts jouent un rôle important dans les milieux urbanisés, ils contribuent à améliorer la santé mentale et physique des individus et à permettre de vivre dans un espace écologique, en effet, la présence d’arbres réduit considérablement la présence de polluants comme l’ozone, les métaux lourds ou la poussière, aussi, les espaces vers contribuent à réduire le bruit, à ajuster la température locale et à offrir une qualité d’air supérieure. 

C’est à cet effet, que de nombreuses études démontrent que la présence des espaces verts dans le milieu urbain est associée à une meilleure santé chez les individus, car on constatera que dans les zones où se trouvent les espaces verts, les personnes ont tendance à pratiquer une activité physique, le taux de mortalité réduit, et moins de cas de dépression, de stress et d’anxiété.

Il est important de rappeler que le lien entre les espaces verts et la santé a été depuis longtemps l’objet de nombreuses études, notamment après les travaux menés aux États-Unis, par Roger Ulrich (1983, 2002) et qui ont fait référence à l’effet thérapeutique des jardins dans les hôpitaux et les prisons par l’effet relaxant du végétal sur les patients permettant ainsi aux malades de mieux supporter le traitement et de présenter un état mental plus favorable à une convalescence rapide.

Le taux de pollution élevé dans nos villes :

Nos villes souffrent d’un grand problème de pollution d’air, due principalement à la forte circulation des véhicules, au rapprochement des zones industrielles de nos espaces urbains et surtout c’est à cause de l’absence d’espaces verts, car la présence des arbres et des plantes permet l’interception de poussière en suspension jusqu’à ce qu’elle retombe au sol lors des averses de pluie.

Il est rapporté que dans une ruelle d’une ville qui ne compte aucune verdure, les particules de poussières présentes sont estimées à 12 000 particules par litre d’air, contrairement à une rue verte ou le taux de particule de poussiers est réduit à 3000 particules par litre d’air, démontrant ainsi l’énorme contribution des espaces verts dans l’amélioration de qualité d’air dans nos villes, car un arbre peut intercepter jusqu’à 20 kg de poussières par an.

En plus des poussières, nos villes souffrent aussi de la présence de l’ozone et de métaux lourds, ces polluant qui impactent négativement notre santé, sont diminués par la présence d’arbres, car d’après une étude menée par des chercheurs canadiens, un seul arbre absorbe 16 kg de CO2 par an ce qui réduit considérablement le taux des gaz à effet de serre dans l’air.

Aussi, il est à noter que les espaces verts emmagasinent un minium de la chaleur solaire, en comparaison avec les espaces à forte présence de bâtiments et de maisons. Les espaces verts permettent de réduire la température de 5 à 10 C°, ce qui peut avoir des conséquences favorables pour la santé humaine.   

Le rapport de l’OMS sur les espaces verts :

En 2016, l’organisation mondiale de la santé a établi un rapport faisant la synthèse des bases factuelles disponibles sur l’impact sanitaire des espaces verts en milieu urbain, car de nombreux spécialistes de la santé avaient lancé des recherches au profit de l’OMS pour pouvoir fixer un lien entre la présence d’espaces verts et l’amélioration des conditions sanitaires des populations. 

Le rapport révèle que les espaces verts sont à l’origine de nombreux bienfaits pour la santé publique, notamment en matière de relaxation psychologique, de réduction de l’anxiété et du stress de la suppression de la pollution et l’augmentation des activités physiques. 

Le rapport de l’OMS suggère l’aménagement d’espaces verts en petites espaces à cote des lieux des résidences et en grandes espaces dans les lieux publics et de loisirs, car ça permet aux personnes de se distraire tout en profitant des vertus offertes par les arbres et les plantes à proximité. 

Les chercheurs de l’OMS ont utilisé un système d’informations géographiques, qui a permis de détecter les zones à forte présence d’espaces verts et ainsi pouvoir comparer la situation sanitaire à proximité de ses zones, cette méthode a été utilisé dans trois villes à savoir Kaunas (Lituanie), Utrecht (Pays-Bas) et Malmö (Suède).

Cette démarche a démontré que les espaces verts étaient particulièrement bénéfiques aux communautés économiquement défavorisées, aux enfants, aux femmes enceintes et aux personnes âgées. Les villes dotées d’espaces verts sont susceptibles d’abriter une population en meilleure santé, ce qui allège la pression exercée sur les services de santé et contribue ainsi à une économie plus forte.

Il existe une autre étude qui a été menée au Japon, et qui a établi la relation entre la présence des espaces verts et le degré de mortalité au sein des populations, l’étude apporte que les personnes âgées vivant dans la ville densément peuplée de Tokyo, ont un taux de survie supérieur de cinq ans si elles habitent un secteur où des espaces verts propices à la marche sont à proximité.

La survie augmente de façon significative en fonction de la présence des espaces verts près de la maison, car ça permet aux individus de se promener, comme dans les parcs et les rues bordées d’arbres, et ce, même après avoir ajusté les données pour l’âge, le sexe, l’état matrimonial et le statut socioéconomique. Les chercheurs concluent que la présence des espaces verts propices à la marche à proximité des résidences influence d’une manière positive la longévité des personnes âgées en milieu urbain. Ainsi, une proposition est faite pour que l’accès aux espaces verts propices à la marche soit pris en compte dans la planification urbaine et dans les politiques de santé.

En matière de cohésion sociale, une étude menée aux Pays-Bas a démontré que les individus qui vivent à proximité d’espaces verts ne souffrent pas de solitude ou d’un manque de soutien social même s’ils n’ont pas des contacts fréquents avec les amis ou les voisins.  

Deux chercheurs australiens ont tenté de répondre à la question suivante : tous les types d’espaces verts sont-ils également associés à une meilleure santé mentale ? Les résultats de l’étude réalisée auprès de 46 786 participants indiquent que le couvert arborescent urbain est plus bénéfique pour la santé mentale que deux autres types de couvert végétal (herbes et autres végétaux de faible taille). Les personnes vivant dans un environnement couvert d’arbres à 30 % ou plus avaient 31 % moins de chances d’expérimenter un épisode de détresse psychologique, comparé à celles qui vivaient dans un environnement avec 0-9 % de couvert arborescent. Les personnes qui vivaient dans un quartier où le couvert végétal était constitué d’herbes à 30 % ou plus avaient un risque 71 % plus élevé d’expérimenter un épisode de détresse psychologique, comparé à celles qui vivaient dans un quartier avec 0-4 % de couvert végétal constitué d’herbes. Ces résultats ont été ajustés pour tenir compte de divers facteurs confondants : âge, sexe, revenu, statut économique (travailleur, sans emploi, retraité), niveau de scolarité. Les auteurs concluent que la protection et la restauration du couvert arborescent urbain spécifiquement, plutôt que n’importe quel couvert végétal, pourraient être une bonne option pour promouvoir une bonne santé mentale dans les communautés urbaines.

Ces espaces verts urbains peuvent avoir des implications aussi bien positives que négatives pour la santé de l’homme et plus largement pour la santé des écosystèmes, qui peuvent être très différentes selon les régions du monde. S’ouvre alors un débat passionnel et passionnant entre les promoteurs de la conservation de la biodiversité et du ré-ensauvagement (rewilding) de nos villes et les tenants d’une démarche plus aseptisée et hygiéniste. Une approche systémique et intégrée de la santé, prenant en compte la forte interdépendance de la santé humaine avec celle des animaux et des écosystèmes, devient alors une nécessité.

La tendance au verdissement et ré-ensauvagement des villes comporte aussi des risques et des défis en matière de santé, en particulier à l’interface homme – animal, et nécessite des approches interdisciplinaires et intersectorielles, comme One Health, qui se concentrent sur l’interconnexion entre la santé humaine et celle des autres espèces dans le contexte des systèmes socio-écologiques.

Il est à noter que certaines espèces végétales peuvent s’avérer nocives pour les personnes développantes des allergies au pollen, car ces allergies respiratoires peuvent provoquer des symptômes tels que des rhinites ou des conjonctives, mais aussi des crises d’asthme.

Ainsi, la qualité de vie des personnes allergiques est considérablement altérée : troubles du sommeil, altération de la vigilance, restriction des activités courantes.

On notera aussi la manifestation d’allergies cutanées qui peuvent également se manifester par des dermatites suite à un contact entre la peau et les plantes toxiques, c’est pour cela qu’il est plus qu’important, en amont, de procéder à une analyse intégrée des impacts des espaces végétales sur l’être humain. 

 Pour que la végétation en ville n’ait pas d’impact négatif sur la santé respiratoire, il faut donc procéder à une analyse intégrée des impacts dans le choix des espèces végétales.

Il semble que vivre à proximité des zones vertes, ou il existe des plantes, des arbres, et des fleurs qui nous entourent, et aux bienfaits que ces derniers nous procurent, s’avère efficace pour prévenir la survenue de certaines maladies. Vraisemblablement, l’ensemble des bienfaits psychologiques, physiologiques et sociaux que procure l’immersion dans la nature se trouvent certainement réunis pour favoriser une bonne santé des individus.


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