Longtemps vantés pour leurs vertus nutritionnelles et médicinales, les fruits tropicaux tels que le corossol, le zatte ou le cachiman sont aujourd’hui au centre d’un questionnement scientifique troublant. Ce qui semblait être une source naturelle de bienfaits pourrait, selon des neurologues, cacher un risque insoupçonné pour la santé cérébrale : celui d’induire des formes sévères et atypiques de la maladie de Parkinson.
C’est en Guadeloupe, sous l’impulsion de la neurologue Annie Lannuzel, que l’étrange corrélation a été observée : un taux inhabituel de syndromes parkinsoniens chez des patients consommant régulièrement des fruits de la famille des annonacées. Ces cas, non liés aux facteurs génétiques classiques, présentaient une résistance aux traitements conventionnels et une dégradation neurologique accélérée.
Les acétonines, composés naturellement présents dans les feuilles, graines et pulpe du corossol, sont soupçonnées d’avoir un effet neurotoxique. Ces molécules attaqueraient progressivement les cellules dopaminergiques du cerveau, mimant les effets de la maladie de Parkinson — mais sous une forme plus virulente et difficile à stabiliser médicalement.
Dans de nombreuses cultures des Caraïbes, d’Afrique ou d’Asie, le corossol est prisé pour ses supposés effets anticancéreux, antidiabétiques ou digestifs. Consommé en jus, en décoction ou en sorbet, il est profondément ancré dans les habitudes alimentaires. Ce poids culturel complique toute tentative de mise en garde — malgré les preuves grandissantes sur ses risques neurologiques potentiels.
La question n’est pas de bannir mais de informer. Les professionnels de santé appellent à une consommation modérée, particulièrement chez les personnes vulnérables ou les patients présentant des antécédents neurologiques. L’enjeu est d’adopter une approche préventive, sans stigmatiser ces fruits porteurs d’une histoire culinaire et médicinale riche.











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